Musée du Cayla : renseignements pratiques

Ouverture et tarifs :

Le château-musée du Cayla à Andillac (81140) - Musée de France, Maison d’écrivains, Maison des Illustres - propriété du Département, est géré par l’Etablissement public du musée Maurice et Eugénie de Guérin qui a délibéré sur les ouvertures et tarifs 2016.

  • Une large place est faite aux groupes avec des demi-journées réservées et un nouveau tarif « prestation » qui leur ouvre, en plus de la visite du musée, l’accès aux espaces extérieurs et intérieurs pour des parcours nature, ateliers d’écritures, pique-nique, congrès, etc.
  • Le public individuel n’est pas pour autant oublié puisqu’il ne paie l’entrée au musée qu’à partir de 19 ans, qu’il bénéficie du tarif réduit s’il adhère à une structure conventionnée (voir administration), et de la gratuité le 1er dimanche du mois d’octobre à avril.

 

Contacts :

Musée : 05 63 33 01 68 (renseignements, expositions et animations, réservations, boutique)

Gardien : 05 63 33 90 30

Administration Etablissement public : musee.du.cayla@wanadoo.fr

Les Amis des Guérin (Journée Guérinienne le 17 juillet 2016) : 05 63 33 94 08

http://www.litterature-lieux.com

 

Mot du président du musée :

Venir au Cayla, c'est tomber sous le charme d'un lieu qui n'a rien perdu de son authenticité bucolique. Au cœur du vignoble et du département du Tarn, entre Cordes, Gaillac et Albi, l'humble gentilhommière languedocienne, née d'un relais de chasse du XVe siècle, frémit encore de l'invisible présence des écrivains. La brève existence de Maurice de Guérin (1810-1839), minée par la tuberculose, est éclairée par deux chefs-d'œuvre du poème en prose, Le Centaure et La Bacchante, révélés par George Sand en 1840 dans la Revue des Deux Mondes. Âme très torturée, comme bien des romantiques de son époque, il souffre du mal du siècle confié à son Cahier vert, journal intime des émotions et des pensées.

Sa sœur Eugénie (1805-1848) qui lui servit de mère, entretint avec lui une correspondance suivie. Elle écrivit spécialement à son intention un journal, mine de renseignements sur la vie au XIXe siècle dans la campagne tarnaise.

Alain Soriano.

Informations sur le musée du Cayla

Ouverture et tarifs :

Le château-musée du Cayla à Andillac (81140) - Musée de France, Maison d’écrivains, Maison des Illustres - propriété du Département, est géré par l’Etablissement public du musée Maurice et Eugénie de Guérin qui a délibéré sur les ouvertures et tarifs 2016.

  • Une large place est faite aux groupes avec des demi-journées réservées et un nouveau tarif « prestation » qui leur ouvre, en plus de la visite du musée, l’accès aux espaces extérieurs et intérieurs pour des parcours nature, ateliers d’écritures, pique-nique, congrès, etc.
  • Le public individuel n’est pas pour autant oublié puisqu’il ne paie l’entrée au musée qu’à partir de 19 ans, qu’il bénéficie du tarif réduit s’il adhère à une structure conventionnée (voir administration), et de la gratuité le 1er dimanche du mois d’octobre à avril.

 

Contacts :

Musée : 05 63 33 01 68 (renseignements, expositions et animations, réservations, boutique)

Gardien : 05 63 33 90 30

Administration Etablissement public : musee.du.cayla@wanadoo.fr

Les Amis des Guérin (Journée Guérinienne le 17 juillet 2016) : 05 63 33 94 08

http://www.litterature-lieux.com

 

Mot du président du musée :

Venir au Cayla, c'est tomber sous le charme d'un lieu qui n'a rien perdu de son authenticité bucolique. Au cœur du vignoble et du département du Tarn, entre Cordes, Gaillac et Albi, l'humble gentilhommière languedocienne, née d'un relais de chasse du XVe siècle, frémit encore de l'invisible présence des écrivains. La brève existence de Maurice de Guérin (1810-1839), minée par la tuberculose, est éclairée par deux chefs-d'œuvre du poème en prose, Le Centaure et La Bacchante, révélés par George Sand en 1840 dans la Revue des Deux Mondes. Âme très torturée, comme bien des romantiques de son époque, il souffre du mal du siècle confié à son Cahier vert, journal intime des émotions et des pensées.

Sa sœur Eugénie (1805-1848) qui lui servit de mère, entretint avec lui une correspondance suivie. Elle écrivit spécialement à son intention un journal, mine de renseignements sur la vie au XIXe siècle dans la campagne tarnaise.

Alain Soriano.

Article sur les Guérin

 

L’Amitié Guérinienne n° 35 – Numéro unique 1946
Un autre auteur parle de Maurice de Guérin.

Après les articles que nous avons reproduits concernant Jean Jaurès et ensuite Jules Vallès, voici ce qu'on pouvait lire à la rubrique Les Guérin et les lettres modernes.Ce passage est consacré à Henri Bosco et publie notamment le courrier que cet auteur a adressé à l’Amitié Gérinienne.

***

Parmi les œuvres littéraires récentes, un guérinien se doit de s'attacher à disséquer le beau roman de M. Henri Bosco : Le Mas Théotime (Paris, Charlot) qu'on vient de réimprimer.
L’auteur a bien voulu nous dire lui-même, dans une lettre datée du 18 décembre 1945, combien est importante sa dette à l’égard de Maurice.
Il y a trois mois vous m'avez écrit ; et je réponds à peine. Il ne faut voir dans ce retard aucune indifférence, mais le fait des voyages et d'une dispersion qui résulte de cent obligations dont je me dégage avec peine. Pourtant combien votre lettre m'a ému ! Je l'ai reçue dans cet admirable pays de Provence - Lourmarin, le Luberon - où est né le Mas Théotime, et qui est ma patrie d'adoption. Je suis né, moi, non loin de là, dans le Comtat Venaissin; mais, je dois tout à cette terre luberinienne, aussi belle que la plus belle Grèce, et où tant de souvenirs anciens, par les vieux villages, les châteaux, les monastères, les chapelles, rappellent les travaux, les peines, les luttes, les joies des hommes. Terre vraiment guérinienne, elle aussi, où le guérinien que je suis trouve son inspiration la plus forte. Car vous avez vu juste et je dois tant au grand Maurice ! Quand - assez tard, vers la trentaine - j'ai lu pour la première fois le Centaure, j'en ai été bouleversé. J'ai reconnu un de mes maîtres.
   Depuis lors, c'est avec une fidélité de plus en plus passionnée et des profits toujours plus grands que je suis revenu à cette œuvre brève, mais, à mon sens, unique. J'ai chez moi - il me semble - tout Guérin. Je le lis souvent à voix haute et, la nuit, je reviens souvent, quand je veille, à son Journal. La Méditation sur la Mort de Marie me trouble toujours. Quel dépôt magique que cette œuvre !
   Il faut reconnaître ses dettes, et je dois beaucoup à Maurice. Aussi, rien ne pouvait m'émouvoir davantage que ce signe lancé vers moi par vous, de ce Cayla où j'aimerais aller, un jour... Savez-vous que fictivement - par guérinisme - j'ai peuplé ma Luberon de Centaures ? Nous y avons même notre « Fontaine du Centaure »...
   Je suis en ce moment dans le sud marocain. Mais, rentré chez moi, je vous recopierai quelques vers où il s'agit de cette Fontaine. Écrivez-moi. Tout ce qui vient du Cayla m'est sacré.
Ab imo corde.                                                                                                                                                                                                           Henri Bosco.

P.S. 1) Par sa grand'mère maternelle, ma femme, gasconne est une Fontenilles. Cela aussi guérinise.
2) Vous retrouverez l'accent et la pensée guérinienne dans mon Jardin d'Hyacinthe.

Le Mas Théotime est guérinien d'inspiration. 
   Toute l'œuvre roule sur une sorte de correspondance mystique avec la nature. Les héros du livre sont des exaltés ou des sages suivant qu'ils maîtrisent les forces de la nature ou qu'ils cèdent à leurs sortilèges. Or, la sagesse est, au-delà de l'exaltation, de se soumettre aux bienfaits de «l'amplitude, car l’amplitude compense l'élan et équilibre l'âme » comme le délire du Centaure se résout dans la quiétude de la Bacchante.
   Les thèmes essentiels de l'œuvre guérinienne et de l’Amaïdée de Barbey &Aurevilly y sont repris dans une orchestration continue et sous des rythmes qu'on croirait démarques du Cahier vert de Maurice de Guérin.
   « Théotime », c'est-à-dire : « Tu m'honoreras comme un Dieu », et Guérin n'était-il pas « Somegod ! »
   Et voici comment se traduisent dans la bouche du héros du « Mas Théotime » les grands thèmes guériniens de la possession de la Nature et de l'identification de l'âme avec les éléments.
   J'aurais voulu m'enraciner, faire corps avec les sarments, (p. 100).
  En dix ans de coexistence avec le Mas, nous nous sommes mêlés tellement l'un à l'autre que je me demande si tout cela n'est pas le toit familier de ma vie secrète (p. 110).

Elle s'abandonnait au plaisir de sentir sa jeunesse et sa force en communion avec les eaux, le sol herbeux et le grand feuillage des arbres (p. 340).
Je tiens à ces variations du ciel, des eaux et de la terre par des liens mystérieux. Les mouvements qui les transforment me transforment aussi. Au ralentissement de mon sang alourdi par les fatigues de l'été, je pense que déjà s'accorde une langueur dans la sève des bois encore chauds (p. 318).
Et puis, le thème guérinien de la volupté dans la terreur :
Les bois aiment l'orage, mais alors leur séjour est dangereux. Dans les masses d'air chaud qui pénètrent sous les arbres, le fluide s'accumule. À peine est-on entré dans le sous-bois, qu'on est saisi et une étrange exaltation des cellules vivantes irrite les nerfs... L'âme jouit d'une volupté trouble et se gonfle d'un désir brûlant mais sans objet. Le jugement faiblit, cependant que, sous la clarté d'une phosphorescence intérieure, de vagues images se pressent comme des nuées et traversent l'âme, où elles soulèvent les premiers tourbillons de la tempête (p. 267).
Comme Maurice de Guérin étreignant le frêle lilas dans le petit jardin de la rue d'Anjou-Saint-Honoré, Geneviève Metidieu, l’exaltée du Mas Théotime, « appuie dans son enclos, son oreille contre le tronc de l’arbre; puis elle parlait. Ses paroles étaient douces et elle les chantait » (p. 13).
***

Marie de Guérin

MARIE

MARIE DE GUÉRIN

 

 

C’est l’article de Geneviève Duhamelet, MARIE DE GUÉRIN LA MARTHE DU CAYLA 1, publié dans le n° 123 de l’Amitié Guérinienne – Avril-juin 1976, à l’occasion du centenaire de la mort de Marie de Guérin († 24 juillet 1876) qui a servi de base à la rédaction de cet article.

 

 

 

Joseph de Guérin eut quatre enfants : L’aîné, Érembert, dit Éran, est un bon garçon, totalement dépourvu d’ambition. Il aime chasser, courir les bois, se distraire. Excellent chasseur, bon vivant, bon danseur, il est le roi des fêtes villageoises. Son père n’a pour lui que l’espérance d’un beau mariage.

Eugénie et Maurice ont reçu de la nature les dons intellectuels de leur lignée Maurice sera d’Église, décide son père.

Et Marie (dite Mimi ou Mimin) ? Née le 30 août 1806. Elle est à ce point effacée qu’il faut bien des efforts pour dégager une personnalité chez cette cadette.

Dans un de ses romans, René Bazin fait en quelques mots le portrait de son héroïne : « Fille de l’oubli de soi ». C’est l’épithète qui convient à Marie. Tandis qu’Eugénie s’adonne à la lecture, à l’écriture, à la correspondance et qu’elle s’échappe de temps à autre du Cayla pour « faire sa gentille » à Gaillac, à Rayssac, à Toulouse, et même (ou moment du mariage de son frère), dans la capitale, Marie, comme le petit grillon, ne quitte pas, ou si peu 2, la vieille demeure.

Mgr Barthés le dit expressément : « Tandis que Marie est le dévouement personnifié, la grâce de l’esprit et toute la poésie du Cayla, sont concentrées sur sa sœur Eugénie. Naturellement, la réputation de la jeune fille (je parle de Marie) est vite établie : elle s’ennuie dans le monde ! Cette soi-disant répugnance n’est-elle pas un excellent prétexte pour voiler son renoncement ? C’est elle donc qui se charge, aidée par une servante, des travaux domestiques. Bien sûr, elle est plus robuste que sa sœur. Eugénie s’en va un jour « laver sa robe au ruisseau ». Elle le dit dans son Journal, et c’est bucolique à souhait… Marie se charge des lessives, de la soupe des moissonneurs….

Les deux sœurs s’aiment tendrement, elles partagent le même lit : ce sont, le soir, de longs bavardages sur l’oreiller, et quand elles sont séparées, un échange de lettres pleines de détails, de nouvelles des uns et des autres et de descriptions de toilettes. Eugénie raconte ses exploits mondains… et Marie lui répond : « Cela ne te semble-t-il pas un peu étrange, du Cayla, se trouver d’un seul bond au milieu des fêtes bruyantes du grand monde ? Mais il paraît que tu t’y fais très aisément. Seulement l’idée que je suis loin de ces fêtes te gâte le plaisir que tu y trouves. Eh bien, mon amie, que cette pensée ne t’attriste pas le moins du monde : tu t’amuses et je ne m’ennuie pas. C’est tout ce qu’on peut désirer ici ».

Sans doute Eugénie éprouve quelque remords d’avoir « choisi la meilleure part ». Elle confie à son Journal : «… Je trouve perdu le temps que je mets à écrire. Nous devons compte à Dieu de nos minutes, et n’est-ce pas mal les employer que de tracer ici des jours qui s’en vont »… aimables remords que n’agrémente pas le ferme propos, rassurons-nous.

Pendant ce temps, Mimin veille au bon ordre de la maison et, dans le village, va visiter et soigner les malades, assister les mourants. Eugénie qui admire sa sœur autant qu’elle l’aime écrira un jour : « Que je voudrais mourir près d’elle. Marie est une de ces âmes rares, de ces trésors de Dieu que le monde ignore. Je lui connais mille vertus : douceur, patience, piété extrême, charité, surtout charité. Elle donne, elle instruit, c’est une perfection que j’admire  ».

Lors du mariage de Maurice qui se fait à Paris le 25 novembre 1838, Eugénie et Éran représentent la famille. Marie, naturellement, demeure au Cayla, pour veiller sur leur père.

Peu après son mariage, Maurice est malade, très malade. Il veut retourner au Cayla. Sa sœur rejoindra à Tours le jeune ménage, à la mi-juin. On sait ce que furent les derniers jours de Maurice. Quand il est entré en chancelant dans le salon, il a réclamé sa sœur Marie : « Où est Mimin ? » En recevant le triste cortège, Marie s’est sauvée dans la cuisine pour pleurer plus à son aise.

Après la mort de Maurice, la vie reprend tant bien que mal chez les Guérin ; Érembert enfin se marie. Anaïs, sa jeune femme, simple et douce, s’intègre sans heurts à la vie du Cayla. En elle repose l’espérance de la lignée. Mais, sur les cinq enfants qui naîtront, une seule fille survivra, Marie-Caroline.

De son côté, Eugénie s’affaiblit de jour en jour. Après une cure à Cauterets, les siens constatent que son état ne s’est pas amélioré. Un crachement de sang confirme leurs craintes. C’est bien le mal de Maurice qui va emporter Eugénie. Joseph de Guérin est de plus en plus tourmenté par son asthme (?) et ne peut plus dormir que dans un fauteuil. Marie le veille. Elle se prodigue auprès des malades et des enfants. Chaque jour elle fait à sa sœur une lecture pieuse. Dans cette famille où l’on s’aime tant, le plus admirable est cette sérénité, ces visages qui se forcent à sourire, cet héroïsme à dissimuler la certitude évidente, cette pudeur de la souffrance.

La mort d’Eugénie survient le 31 mai 1848. Son père consumé de chagrin la suivra avant la fin de l’année.

Que fera Marie ? Elle pense que sa place est toujours au Cayla : « Je reste cependant pour aider notre seul et unique frère ». Et ce frère, lui aussi, est bien malade, il doit s’arrêter de travailler. L’exploitation est confiée au fidèle domestique Jeanet. Éran lui-même est rappelé à Dieu le 16 décembre 1850, juste deux ans après le vieux Guérin.

Il ne reste plus au château, auprès d’une enfant de six ans, qu’une veuve éplorée et une sœur douloureuse. Le devoir de Marie est désormais tout tracé : rester auprès de sa belle-sœur et l’aider à élever sa petite-fille. Elle continue sa tâche de Marthe dans la maison singulièrement vide.

Et voici qu’un jour de juillet 1855, six ans après la mort de Maurice, le facteur apporte à Marie, une extraordinaire, une incroyable nouvelle. C’est une lettre timbrée de Caen et signée d’un nom inconnu d’elle, Trebutien.

La suite en construction.

1 – Référence à l’Évangile de Luc (10:38-41) selon lequel, Jésus entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison.  Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole alors que Marthe, s’occupait aux divers soins domestiques.
2 – L’un des rares voyages de Marie, sans doute le plus long : en 1827, en compagnie d’Eugénie elle séjourne à Albi, pendant un mois, chez Victor Mathieu qui leur fait visiter Albi, la cathédrale Sainte-Cécile, l’usine de Saint-Juéry qui les impressionne fort,…

Articles récents

À partir du 15 de chaque mois, de nouveaux articles sont mis en ligne.
S’ils ne constituent pas un article de fond ou sauf intérêt particulier, ils ne demeurent en ligne qu’un mois.
Cette page est mise à jour au fur et à mesure de la parution ou de la modification d’articles. Consultez-la fréquemment.

Décembre 2015

Joseph_de_G_BusteLes Guérin du Cayla

Cette page a été modifiée. Elle affiche les 6 personnages principaux du Cayla.   Afficher la page
En novembre nous avons mis en ligne la notice biographique de Joseph de Guérin.
En décembre, une nouvelle notice biographique est mise en ligne concernant Marie de Guérin, la sœur oubliée du Cayla.
   Afficher la notice de Marie de Guérin

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Promo_Avant_AprèsLa promotion pour les fêtes de fin d’année, jusqu’au 31 janvier 2016
38 € au lieu de 54 € – port inclus pour la France métropolitaine.

Nous proposons les deux livres d’Émile Barthés consacrés à Eugénie de Guérin.
En réalité, ces deux ouvrages sont une véritable saga de la famille de Joseph de Guérin, depuis son installation au Cayla, jusqu’à la publication des œuvres de Maurice et d’Eugénie.
Deux livres indispensables pour bien connaître la vie, la personnalité des deux auteurs ainsi que les ami(e)s qui les ont entourés.

Voir la promotion et commander.

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La lettrlettre_du_mois[1]e n° 24 – Décembre 2015 :         Lire cette lettre

« Que d’événements ont passé sur la scène de ce monde depuis que j’ai quitté le Cayla ! »

De retour à Paris après les événements de juillet 1830, Maurice donne à sa sœur les dernières nouvelles de la capitale.

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AM_Titre

Un autre auteur parle de Maurice de Guérin.

Après les articles que nous avons reproduits concernant Jean Jaurès et ensuite Jules Vallès, voici ce qu’on pouvait lire à la rubrique Les Guérin et les lettres modernes. Ce passage consacré à Henri Bosco publie notamment le courrier que cet auteur a adressé à l’Amitié Gérinienne.

Lire cet article

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Mg_Maurice_Rogné

Maurice de Guérin                                                      Lire cet article

Au mois d’octobre 2015, nous avons mis en ligne des extraits du chapitre I de l’excellent article de E. Decahors, publié dans le n° 51 – Avril-septembre 1954.
En novembre, nous avons proposé de nouveaux extraits, tirés du chapitre II, présentant Maurice à Paris, avant les événements de juillet 1830 jusqu’à son «rappel» au Cayla en août de la même année.
Au mois de décembre, nous publions des extraits de la fin de ce deuxième chapitre.
Ainsi, seront provisoirement bouclées, les publications consacrées à cette année 1830, «L’année de la tourmente», que nous avions choisie comme thème de cette année 2015.
MAURICE DE GUÉRIN ET LAMENNAIS

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PORTRAIT_Eugenie

Eugénie de Guérin                                                     Lire cet article

En novembre, nous avons publié le début de l’intervention Monsieur Jean Lafont, au cours de la journée guérinienne du 19 juillet 1943.
En décembre, nous le complétons par des extraits de la suite de cette longue étude.
EUGÉNIE DE GUÉRIN ÉDUCATRICE

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Arbre_AutomneFlorilèges guériniens                                                 Lire cet article

Nous publions chaque mois un morceau choisi parmi les œuvres de Maurice et celles d’Eugénie.

Maurice :  Le 21. – Depuis quelques jours le temps est au pire.[…], Le Cahier vert

Eugénie : Le 29 [mai 1837]. – Depuis deux jours je ne t’ai rien dit, cher Maurice[…], Journal

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Études publiées – Page 2

 

L’Amitié Guérinienne – Études publiées

Page 2 – 1970 – 1979   –  Numéros 101 à 133

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Numéros/Périodes    Ref. Auteurs Titres des études 
1970 101 – Janvier-Mars    101-1 Pierre-Paul Karch Une jeune veuve romantique, Caroline de Guérin.
  102- Avril-Juin   102-1  Éric Lugin La devise des Guérin : Omni exceptione majores.
      102-2  Marie-Hélène Pons-Ségui Maurice de Guérin et Hippolyte de la Morvonnais.
1971 104 – Janvier-Mars   104-1  Adrien Cancé, Louis Chaigne D’où venaient les Guérin ?
  105 – Avril-Juin   105-1  Pierre-Paul  Karch L’amour dans la vie et l’œuvre de Maurice de Guérin.
n° 105 – Introduction.
n° 106 – Chapitre II – Louise de Bayne.
n° 107 – Chapitre III – Marie de la Morvonnais.
n° 108 – Chapitre IV – Henriette-Marie de Maistre.
n° 109 – Chapitre V – Caroline de Gervain.
n° 110 – Chapitre VI – Eugénie de Guérin.
n° 111 – Chapitre VII – Conclusion.
Cet article a fait l’objet d’une réédition en 2015. Il ne peut être envoyé en pdf.

Le commander.

  106 – Juillet-Septembre   106-1  François Mauriac « Il n’y a qu’un amour ».
  107 – Octobre-Décembre   107-1  Hermann Hofer Eugénie de Guérin dans l’œuvre de Barbey d’Aurevilly.
1972 108 – Janvier-Mars   108-1  Damien Bertrand Quarante ans d’Amitié Guérinienne.
(Avec un hommage à nos cinq grands : Émile Barhés, Jean-Élie Decahors, Jean Calvet, Fernand Barthe, François Mauriac.)
 1973 112 – Janvier-Mars   112-1  Damien Bertrand La croix des adieux.
  113 – Avril-Juin   113-1  Pierre Romnée François Mauriac et Maurice de Guérin.
(Extraits d’une thèse soutenue à l’Université de Louvain. Cette thèse n’est pas publiée dans son intégralité. La liste ci-dessous peut donc paraître quelque peu désordonnée).
n° 113 – Présentation par Jean-Marie Païsse – Introduction – Premiers écrits guériniens – André Lafon et la province.
n° 114 -L’évolution du gout littéraire de Mauriac – Les grands textes de la maturité (L’Ami retrouvé)
n° 115 – Les grands textes de la maturité (suite : Le drame de Maurice de Guérin, Réflexion au Cayla, Le sang d’Athis,)
n° 117 – Les textes de la vieillesse.
Mauriac, Guérin et le mythe.
I – Maurice de Guérin dans le texte de François Mauriac.
n° 118  et  119 – Le poème de Guérin.
n° 120, 121, 122 et 123 – Le Drame de Guérin.
n° 124 – II –  Maurice de Guérin et le Romantisme français.
n° 125 – Conclusion et bibliographie.
114 – Juillet-Septembre   114-1  Robert Jouanny Maurice de Guérin et le Cayla.
115 – Octobre-Décembre 115-1 Jean-Marie Païsse Encore sur François Mauriac et Maurice de Guérin.
115-2 Pierre-Paul Karch Lettres de Joseph de Guérin à son fils Maurice.
n° 115 –
Les reproches.
n° 116 – Les exhortations
n° 117
- Les prières.
n° 118 –
Les espoirs.
n° 119 –
«Pour mon bien aimé Maurice à Paris.»
Cet article a fait l’objet d’une réédition en 2015. Il ne peut être envoyé en pdf.

Le commander.

1974 116 – Janver-Mars   116-1  Edmond Giscard d’Estaing Permanence Guérinienne.
      116-2  Émile Barthés La vie agricole et économique au Cayla vers 1830.
  118 – Juillet-Décembre   118-1  Marcel Sendrail Le Cahier vert et la vie secrète de Maurice de Guérin.
      118-2  René Rouquier Refuges auprès d’Eugénie de Guérin, par Louisa Paulin.
  120 – Avril-Juin   120-1 Damien Bertrand Eugénie de Guérin face au monde moderne.
      120-2  Mariel et Pierre Karch Lettres inédites de la baronne de Maistre
n° 120 –
Il y a cent ans, Madame de Maistre.
n° 121 – Le tempérament de Madame de Maistre.
n° 122 – Les trois dernières lettres inédites de Madame de Maistre aux Guérin.
      120-4  Gaston-Louis Marchal À propos de Maurice de Guérin et Jean Jaurès.
   121 – Juillet-Décembre   121-1  Mariel et Pierre Karch  Le tempérament de Madame de Maistre d’après deux lettres inédites.
      121-3  Pierre Brunel Poésie et mythologie chez Maurice de Guérin.
1976 122 – Janvier-Mars   122-1 Edmond Giscard d’Estaing La qualité de la vie à propos du Journal d’Eugénie de Guérin.
      122-2 Mgr Jean Calvet
professeur à l’Institut Catholique de Paris
Eugénie de Guérin, « Celle qui ne mentit jamais ».
  123 – Avril-Juin   123-1  Geneviève Duhamelet Marie de Guérin, la Marthe du Cayla.
      123-2  Andrée Nonorgues L’inconnue du Cayla : Marie de Guérin.
  124 – Juillet-Décembre   124-1  Pierre et Mariel Karch L’abbé Casgrain au Cayla.
(Pélerinage au Cyala de l’abbé Casgrain, prêtre canadien et grand écrivain).
      124-2  Pierre Hirissou  La vie d’un domaine en gaillacois vers 1830.
d’après le Livre de raison de Joseph de Guérin du Cayla.
1977 125 – Janvier-Mars   125-1  Dr Jacques Bonnardot Deux jeunes poètes : Eugénie de Guérin et Marie Noël, leurs rapports avec les Jeux Floraux.
n° 125 – Première partie.
n° 127 – Deuxième partie.
  126 – Été    126-1  Yves Reulier Le thème du refuge chez Maurice de Guérin.
(3ème partie d’un mémoire de maîtrise présenté en 1968 à la Faculté des Lettres de Grenoble).
      126-2  Lucienne Curie-Sembres Le Journal d’Eugénie de Guérin : un cri d’amour, un hymne d’espérance.
  127 – Automne    127-1 Claude Gély Mesure et démesure du temps dans le Journal d’Eugénie de Guérin.
      127-3  Michel Mouligneau Mauriac et l’intériorité.
127-4  Mariel et Pierre Karch Lettres de madame de Sainte-Marie aux Guérin
n° 127 
Première partie : Les années d’insouciance relative (1835-1839).
n° 128 – Deuxième partie : Réactions à la mort de Maurice.
n° 130 – Troisième partie : Douleurs physiques et souffrances morales. (1840).
n° 131 – Quatrième partie : Un cœur de mère mis à l’épreuve (1841-1842).
n° 132 – Cinquième partie : Douleurs du corps, tranquillité de l’âme (1843-1844).
n° 134 – Sixième partie : Dernières lettres à Eugénie.
n° 135 – Septième partie : Les deuils.
n° 140 – Huitième partie : Les «Souvenirs de cœur» d’une grand-mère.
n° 142 – Neuvième partie : Bilan d’une vie.
1978 128 – Printemps   128-1  Philippe Berthier Barbey d’Aurevilly et le panthéisme guérinien.
  129 – Été   129-1  Jean Faury Quelques remarques sur Andillac et les Guérin.
      129-2  Gaston-Louis Marchal Marguerite Yourcenar et Eugénie et Maurice de Guérin.
130 – Automne-hiver 130-1 Philippe Berthier Une grande amitié : Barbey d’Aurevilly et Maurice de Guérin.
 1979 131 – Printemps   131-1   Guy Heuillet Le carlisme d’Eugénie de Guérin après la révolution de juillet.
      131-2  Henri Maynard L’abbé Pierre Moisset, curé d’Andillac.
  132 – Été   132-1  Edmond Giscard d’Estaing Le symbolisme guérinien.
      132-2  L. Charles-Bellet Images posthumes de Maurice de Guérin.
       132-3 Jacques et Geneviève Bonnardot Eugénie de Guérin Marie Noël et la vie quotidienne.
132-4 Michel Mouligneau Charles du Bos à l’écoute du chant guérinien.
      132-5  Élie Decahors L’enfance de Maurice de Guérin (1810-1821).
   133 – Automne-hiver   133-1   G. Dastugue Maurice de Guérin vu par les médecins.
n° 133 – 1ère partie.
n° 134 – Seconde partie.
      133-2  Adrien Cancé D’où venaient les Guérin.
n° 133 –
Les «de Guérin» de Rinhodes en Rouergue.
n° 134 – Seconde partie.
Article déjà publié en 1971 – n° 104 – Ref 104-1

 

Maison des illustres

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En 2012, le château-musée du Cayla s’est vu attribuer le label « Maison des Illustres ».

Le dévoilement de la plaque
« Maison des Illustres » apposée sur le mur du château

a eu lieu le samedi 20 octobre 2012

ALLOCUTION d’ALAIN SORIANO,

président de l’Etablissement public du musée Maurice et Eugénie de Guérin

C’est à la fois un plaisir et un honneur d’accueillir en ma qualité de président de l’Etablissement public du musée Maurice et Eugénie de Guérin les personnalités qui ont bien voulu honorer de leur présence cette manifestation du dévoilement de la plaque de la Maison des Illustres, label décerné par le ministère de la Culture et de la Communication que je remercie pour cette reconnaissance, ainsi que la DRAC qui a soutenu le dossier :
Madame la préfète
Monsieur le président du Conseil général
Monsieur le directeur régional des Affaires culturelles
Mesdames et messieurs les élus
Avant de livrer cette plaque à la lumière, il est juste et pertinent de rappeler le rôle de ceux qui ont voulu que la maison natale d’Eugénie et de Maurice de Guérin devienne un musée, aujourd’hui Maison des Illustres, consacré à leur mémoire et ont oeuvré en ce sens.
Le 12 septembre 1937, lors de la cérémonie inaugurale du musée Maurice et Eugénie de Guérin, monsieur Amédée Ducombeau, préfet du Tarn de l’époque, prenait la parole après Jean Calvet, conservateur du musée. Il saluait d’abord les personnalités, tout particulièrement François Mauriac, brossait un portrait de Maurice et Eugénie et poursuivait en ces termes: « Mon rôle en ce jour, à moins d’empiètements aventureux, ne peut être avant tout qu’officiel. Je suis venu apporter à cette cérémonie inaugurale la consécration solennelle du Département. A ce titre j’ai l’obligation agréable de dégager le mérite revenant à monsieur le conseiller général Calvet ; c’est lui qui a pris l’initiative au sein de l’Assemblée départementale, de la réalisation que nous célébrons aujourd’hui. Son enthousiasme guérinien, on peut même dire sa foi guérinienne, ont voulu en effet que le domaine du Cayla soit consacré au souvenir de ses poètes préférés. Conservateur éclairé et le plus zélé du musée maintenant institué, il a eu le souci d’assurer la sauvegarde de ce qu’il considère avec tant de ferveur littéraire et de patriotisme local comme un patrimoine moral digne de pérennité. Le Conseil général à qui j’adresse aussi mes louanges, a su en l’espèce concilier sagement cette création avec les possibilités financières du Département ».
Monsieur Ducombeau rendait justice à Jean Calvet et soulignait le rôle essentiel tenu par le maire de Gaillac et conseiller général pour convaincre le Département d’acheter le domaine du Cayla aux héritiers des Guérin, afin d’y établir un musée à la gloire de Maurice et d’Eugénie. Mais la route avait été longue et parfois périlleuse ; une obstination sans faiblesse avait été nécessaire. On peut en juger. Le 28 octobre 1931, le Conseil général avait décidé à l’unanimité le principe de l’acquisition du Cayla pour y fonder un musée guérinien. Mais c’est seulement cinq ans plus tard, le 29 novembre 1936, que le Conseil général votait l’achat du Cayla et ouvrait les crédits nécessaires. L’acte d’acquisition était passé le 23 janvier 1937, le 27 mai le Département en prenait possession. Aussitôt, le préfet en fixait les statuts. Les collections seront réunies dans le château du Cayla dont les aménagements et les dispositions devront être conservés ou,
s’il y a lieu, restaurés, ainsi que le site qui entoure le château : bois, prés, garenne, chemins, constructions diverses, de manière à sauvegarder les lieux sur lesquels ont vécu et médité ces illustres écrivains.
La gestion du musée relèvera de l’administration préfectorale et, pour aider cette administration en attendant que le musée soit investi de la personnalité civile, comme l’a demandé le Conseil général, il est créé une commission administrative qui doit proposer au préfet, sur présentation du conservateur, toute mesure relative à l’administration des biens qui en forment la dotation.
Par décret du 21 avril 1939, journal officiel du 27 avril, le musée est investi de la personnalité civile. Le Conseil d’Administration conserve la même composition mais quatre autres membres, choisis pour leur compétence dans le Département, sont désignés par les précédents. Xavier Bonnery est élu président, Marcel Marchandeau vice-président, Jean Calvet le conservateur, secrétaire. Le président sera l’ordonnateur des dépenses et le percepteur de Castelnau de Montmiral l’agent comptable. Cette présidence du Conseil d’Administration a été assurée de 1952 à 1964 par Marcel Marchandeau, de 1965 à 1976 par Henri Yrissou, et depuis j’assume cette fonction.
En 1992, le Département et la volonté de son président Thierry Carcenac décident de donner au musée la dimension qui lui revient. C’est la raison pour laquelle une convention de gestion est passée entre l’Etablissement public et le Conseil général, le 15 décembre 1992.
Actuellement le Conseil d’Administration comprend treize membres : quatre conseillers généraux, deux membres de droit (maire d’Andillac et conservateur), un représentant de la DRAC, six personnalités reconnues pour leurs compétences culturelles.
A l’évidence, c’est grâce à la clairvoyance d’une poignée d’élus et de fonctionnaires cultivés, au dévouement des administrateurs bénévoles, à la compétence d’universitaires français et étrangers qui ont révélé la qualité de l’oeuvre guérinienne, à l’admiration inconditionnelle des Amis des Guérin, au dévouement du personnel, que nous avons le plaisir de nous retrouver pour cette manifestation officielle. Tous ont droit à notre reconnaissance et à nos remerciements.
Ce bref rappel historique montre bien que le musée a su s’adapter, pour mieux s’épanouir, aux évolutions administratives et aux sensibilités modernes, sans rien renier de son caractère littéraire. Eugénie et Maurice sont toujours chez eux, et leur présence complice nous accompagne. Aujourd’hui le musée rejoint la centaine de Maisons qui ont déjà obtenu le label Maison des Illustres. Qui peut lui contester cette nouvelle distinction ? Il répond parfaitement aux critères requis en la matière. Les personnalités authentiques et reconnues du monde littéraire, Maurice et Eugénie,
comment les séparer, font partie de ces écrivains du XIXe siècle qui sont toujours objet d’étude non seulement en France mais aussi à l’étranger, et sollicitent le simple lecteur comme le spécialiste. Le musée n’est pas replié sur lui-même. Les expositions annuelles aiment croiser littérature et peinture, et savent s’ouvrir à l’art contemporain. Il accueille de plus en plus souvent, grâce aux nouveaux aménagements, de nombreux scolaires qui viennent s’immerger dans un univers différent dans une interactivité enrichissante. A cela s’ajoute la beauté et la quiétude d’un site qui a peu d’équivalents. Une antique gentilhommière de pierre blanche, assise sur un tertre, rafraîchie à ses pieds par les ruisseaux du Sant Hussou et des Sept Fonts, qui observe l’infini de l’horizon de bois, de garennes et de silence.
Ce label est pour Maurice et sa soeur une nouvelle consécration.
Maurice de Guérin, météore de 29 années, a traversé le ciel littéraire de son temps presque ignoré. Mais deux poèmes en prose, fulgurants, Le Centaure et La Bacchante, l’inscrivent au Panthéon des créateurs du poème en prose. Une langue musicale et fluide qui ressuscite les mythes antiques, révèle sa personnalité complexe toujours en quête d’infini. Le Cahier Vert, journal intime, a servi de laboratoire à ces chefs-d’oeuvre. Miroir impitoyable, Le Cahier Vert renvoie à Maurice, torturé par le mal du siècle, une image douloureuse que l’introspection rigoureuse traque sans cesse. Nulle complaisance. Maurice, parfois de manière redondante, va jusqu’au bout de lui-même dans une auto-flagellation qui doit lui permettre de dépasser ses limites, de reprendrela main, de ne plus « échapper à soi-même », de pouvoir jeter l’ancre dans l’univers d’une poésie ineffable sans laquelle il n’a pas, il n’a plus de raison de vivre. Mais pour cela il lui a fallu affronter la tempête. Il s’est accroché désespérément à la barre alors que, miné par la maladie, ses forces déclinent et parfois l’abandonnent.
A côté de Maurice et non dans son ombre, sa soeur Eugénie veille sur lui. Son Journal, qualifié de « plus beau livre du monde » par Lamartine, a connu un succès foudroyant dès sa parution. Avec des accents souvent virgiliens, il tisse des liens avec le frère absent mais reste irremplaçable pour nous plonger dans l’accomplissement de l’existence quotidienne d’une famille aristocratique et légitimiste de Province au XIXe siècle.
Ainsi le label Maison des Illustres renforce avec bonheur celui de Musée de France, et s’ajoute à la reconnaissance de Maison d’écrivains, ostal d’escrivan, car l’Occitan, juste retour aux sources, y trouve toute sa place. Ce haut lieu guérinien se vit, s’apprivoise plus qu’il ne se visite. Il faut le découvrir, le redécouvrir, le charme opère en toutes saisons, aussi bien dans l’éclat du printemps que sous le chant estival des cigales, aussi bien dans la nostalgie de l’automne qu’à travers le scintillement hivernal de la gelée d’argent. Alors on se surprend à dire comme Maurice dans le prélude du Cahier Vert : « J’ai remis le pied partout où je l’avais posé… aujourd’hui je l’y ai appuyé fortement, j’ai
insisté sur mes traces primitives, j’ai recommencé mon pèlerinage avec dévotion, avec le
recueillement des souvenirs… ».

La lettre du mois – n° 18 – Juin 2015

«Cette monotonie me rend insupportable»
 La lettre du 2 mars 1830 est déjà la quatrième que Louise adresse à Eugénie. Elle s’ennuie et comble les moments de solitude avec la plume et le papier où elle couche dans le désordre tout ce qui s’agite dans sa pauvre tête : sa cervelle occupée par la raison, la nouvelle mode vestimentaire, le temps maussade et les potins mondains…
                                                                                                                          Mademoiselle Eugénie de Guérin.
                                                                                                                                                                                                          2 mars 1830.
Causons un petit moment, ma bien chère, je l’aime tant ! Mais comment ferai-je pour vous rendre la lecture de ma lettre supportable ? Je suis aujourd’hui dans mes jours je ne dis pas de réflexion, la réflexion est aussi loin de moi que la perfection ; ma tête est entièrement bouleversée, je crois que c’est la raison qui y opère ce remue-ménage ; elle y fouille dans tous les coins pour y trouver une place, j’ai bien envie de l’y laisser installée pendant quelques jours, et si je la trouve trop sévère, je me charge de la chasser. Je vais d’abord faire mes conventions avec elle : je lui demande si elle ne sera pas trop exigeante, si elle sera douce, complaisante ; je lui demande le plus essentiel : si elle ne retiendra pas trop fort les rênes lorsque je voudrai courir. Mes questions l’étonnent, elle hésite ; « réponds» ! M’écriai-je, intraitable raison ! « Réponds ! » ; elle hésite encore ; « hé bien ! Sors de ma présence, vas trouver des cerveaux plus disposés à vivre sous tes lois sévères, vas faire des martyrs ; mais pourquoi te supporter ainsi devant moi ; je te déteste ; folie ! Folie ! « A ces mots, elle est épouvantée, elle se presse pour sortir, disparaît et je ne la vis plus. Me voilà brouillée avec cette grande raison et il ne me reste que la folie que je trouve un peu légère. Vous m’appelez » l’inhumaine, ma chère Eugénie, de maltraiter ainsi cette pauvre raison. Mais n’en parlons plus, ce sont de ces moments de folie qui m’attrapent et dont je devrais rejeter la pensée bien loin. Mais, ma chère, bon gré, mal gré, il faut les avaler. Je vous dis en vous écrivant un peu de tout ce qui passe dans ce grand chemin. En lisant ma lettre, vous… (7 ou 8 mots raturés) êtes étonnée qu’elle ne soit pas datée de Charenton. Mais, ma chère amie, tous les fous ne sont pas aux petites maisons. On trouve de ces brise-raison à chaque pas dans le monde. Je voudrais pouvoir vous faire un gros paquet de nouvelles pour vous amuser, mais ce que les gaillacois font le premier jour de l’année, ils le font jusqu’au dernier: ni mariages, ni morts, ni naissances, ni départs, ni arrivées ne nous occupent ; c’est une uniformité dont je suis si furieuse que je suis presque tentée de souhaiter une catastrophe ! J’aurais cependant besoin de quelque chose pour me distraire, un petit tourbillon m’est nécessaire et cette monotonie me rend insupportable, rendez grâce à Dieu de ne pas être auprès de moi ; mon humeur n ‘est pas du tout égale, je suis triste, gaie, folle, méchante, grognon, enfin j’ai mille caractères ; et qui plus est, j’éprouve une certaine jouissance à grogner que je ne vous expliquerai pas, vous ne me comprendriez pas, vous comprendriez beaucoup mieux le charme d’être aimable et gracieuse. Il est possible, ma chère amie, que ces bizarreries viennent de l’ennui ; il ne tient qu’à vous de le faire disparaître : venez nous voir et vous êtes sûre de me rendre comme à dix-huit ans, tandis que je ressemble tout à fait à un siècle. Est-ce au printemps ? Est-ce dans l’été ? Est-ce en hiver que nous nous reverrons ? il me tarde bien, et je ne suis pas la seule. Nous avons la ressource de parler de vous, et quand nous sommes sur le chapitre de vos perfections et de votre amabilité, nous voilà en éternité ! Ça ne finit jamais, on parlerait toujours. Ne croyez pas, ma chère amie, que je tombe dans les complaisances, c’est un langage que le cœur n’entend pas et que je déteste autant que vous.
Toutes les cloches de St. Pierre sont en branle et font un bruit terrible : on baptise la petite de Tonnac , le carillonneur se conduit bien mieux que le grand-père lorsqu’elle naquit. On lui a donné le nom de Marie, Néro tenait à ce qu’elle portât le nom de la Ste Vierge. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’elle a été baptisée, on l’a laissée cinq jours avec le péché originel, le parrain se faisait attendre, c’est M Dubernard , et Mme Boudet  marraine. Ils ne sont pas encore consolés ; de petits pantalons leur feraient à tous plus de plaisir que ces petits cotillons de fille. La pauvre, lorsqu’elle sera grande, je me charge de lui apprendre comment étaient les physionomies le jour de sa naissance. Nous fûmes l’autre jour chez M. de Tonnac, nous le trouvâmes seul dans sa chambre ; j’avais préparé un petit compliment charmant ; à peine avais-je commencé : « ça ne vaut pas la peine d’en parler ! » ; je me tus, et rengainai, comme on dit, mon compliment !
Gontaut 4 nous quitte ; pleurez comme nous ; comme nous arrachez-vous les cheveux; comme nous jetez les hauts cris ; comme nous enfin, mettez la robe noire et allez goûter les douceurs de la trappe. Du reste, il ne partage pas nos regrets et il paraît très disposé à courir le monde et à n’emporter de ville en ville que de simples souvenirs. C’est un personnage bien drôle et on passerait une vie bien gaie si l’on était à portée de le voir, de l’entendre souvent, ce serait un petit carnaval le temps qu’on le verrait.
La petite princesse 5  se porte à merveille et grossit à vue d’œil ; elle est venue nous voir, sa petite toilette était charmante et du meilleur goût ; une petite robe de tulle brodée, une petite pointe de dentelle comme un petit fichu, un petit bonnet charmant, une petite capote de taffetas vert, et par-dessous tout cela, de petites mines et une petite figure charmante : elle était jolie à croquer, Il est bien heureux qu’elle n’entende pas car je lui aurais donné beaucoup d’orgueil. Léontine  est à Castres depuis samedi ; elle n ‘a pas pu résister à voir la belle cérémonie de la plantation de la croix ; j’y aurais été aussi avec plaisir, et Pulchérie  aussi, enfin tous, mais comment y aller, nos chevaux faisaient leur service et étaient avec papa qui fait sa tournée; mais les Tonnac qui, comme des amis sont notre ressource, nous ont prêté leur capote et un seul cheval a traîné Léontine et Charles seulement ; Léontine y passera quelques jours de plus, mais Charles revient ce soir, et vous saurez tout après son arrivée de ce qui s’y sera passé ; ensuite j’aurai des lettres de Léontine et je vous dirai tout, du fil à l’aiguille
Mercredi.
Voilà tout ce que je sais : la procession a été magnifique, mille fois plus longue que la nôtre, mille fois plus d’ordre et puis un temps superbe ; cette longue file faisait, à ce que m’a dit Charles, un effet extraordinaire, cela seul aurait suffi pour convertir ; M. Guyon  allait, venait, courait avec la vivacité que vous lui connaissez ; mais il n ‘en pouvait plus et il lui fut impossible de dire le magnifique discours sur le triomphe de la croix; il se trouva mal plusieurs fois, sa voix était éteinte et vraiment il était malade. Mais le lendemain, il s’embarqua pour Nancy, emportant les regrets de tous les castrais. Quelle vie ! Quelle agitation d’un bout de France à l’autre ! Et tout cela pour Dieu ! Tous les jours et toutes les heures comptent pour le ciel, au lieu que les nôtres un revenant bon pour le monde.
Dans ma prochaine lettre, je vous dirai ce que notre voisine m’aura dit ; je serais bien fâchée que pour cela elle se fût vouée au silence.
Le cardinal de Toulouse 6
   est mort comme les autres naissent, avec une tranquillité et une joie extraordinaires, il était sûr d’aller au ciel, et il lui tardait. Les toulousains, qui sont habitués à un grand nom ne se contenteront qu’avec un Rohan ; je ne sais pas encore si on le leur donnera, j’en doute. Adieu chère amie, il faut me tenir à quatre pour ne pas mettre une autre page, mais je vous fais grâce. Adieu, aimez-moi. Je ne vous donne pas de nouvelles de Gabrielle, il y a plus de huit jours que je ne l’ai vue, mais je crois que ses migraines vont toujours leur train. Pulchérie vous dit mille choses ainsi qu’à Marie.
Adieu belle paresseuse ; vendredi, je n’ai point eu de vos nouvelles ; je fais pénitence de toutes les manières. Deux mots sont bientôt écrits, je me contenterais de «je vous aime». Mais 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, la pendule s’arrête, je vais penser un petit moment à mon pauvre estomac qui n ‘est pas content du maigre. Adieu, je vous aime autant que je sais aimer.

1- Georgette Marie de Tonnac, née le 27 février 1830
2 – Mr. Dubernard : président du tribunal d’Albi, la famille habite Brassac.
3 – Mme Boudet : Marie-Ursule-Antoinette est née de Tonnac
4 – Gontaud : famille de Gontaud-Biron originaire de la province de Guyenne.
5 – La petite princesse : la petite Marie de Tonnac.
6 – 
Cardinal de Toulouse : Anne-Antoine-Jules de Clermont -Tonnerre (né à Paris le 1er janvier 1749). Il s’était fait remarquer en 1828 par sa vive opposition à l’ordonnance relative à l’instruction civique. Quand le ministre Feutrier lui demanda de se soumettre, il répondit fièrement :« Monseigneur, la devise de ma famille qui lui a été donnée en 1120 par Calixe II est celle-ci : »Quand même tous, moi non. C’est aussi celle de ma conscience »». Il meurt à Toulouse le 21 février 1830 ; il est remplacé par Paul-Thérèse-David d’Astros, également mort à Toulouse le 29 septembre 1851.